Après trois semaines passées en Patagonie, la perspective de nous retrouver dans une grande ville et de ne pas changer de chambre pendant plusieurs jours d'affilé nous réjouissait. De plus, nous avions tellement entendu parler en bien de Buenos Aires que nous avions hâte d'y arriver. Nous avons débarqué à Buenos Aires un samedi matin après une bonne vingtaine d'heures de bus depuis Puerto Madryn. Nous avions pris des places Cama où les sièges en cuir étaient complètement inclinables et bien larges. Dans le bus, tous les repas nous ont été servis. Du grand luxe! A Buenos Aires, nous nous sommes installés dans une petite auberge entre le microcentro et San Telmo. Il s'agit en fait de l'étage le plus élevé d'un immeuble qui a été transformé en une sorte de squatt d'artistes. La décoration faite de tableaux de peinture, de photos et de fringues accrochées à des cintres est vraiment sympa. Dans toutes les pièces, on trouve des CD, des DVD et des bouquins en libre-service avec évidemment des chaînes hi-fi un peu partout... Bref, un endroit très agréable. Nous avons tout de suite entrepris la visite du centre-ville avec la balade classique autour de la plaza de Mayo et ses monuments. Nous avons deambulé tout le samedi après-midi sur la calle Florida, la rue piétonne la plus animée de la ville, à faire du lèche-vitrine mais surtout à observer les porterños (habitants de Buenos Aires) faire leur shopping.
Les porteños et Buenos Aires renvoient une image complètement différente de ce qu'on a pu decouvrir de l'Argentine jusque là. Comme le dit si bien la célèbre Mme Tazi de Gad El Maleh: "C'est pas la même chose!". Les gens paraissent effectivement snobs et un peu hautains. Leur apparence extérieure semble primordiale et tout le monde se regarde discrètement dans la rue. Pourtant, dès qu'on engage la conversation, ils sont aimables comme tout, prêts à donner tous les renseignements possibles et à discuter un peu. Ce qui est marrant, c'est que dans le paysage urbain, on ne se sent pas touriste du tout. La population est tellement peu métissée que la descendance européenne des argentins ne constitue aucun doute, si bien qu'on est complètement noyés dans la masse. Ce n'est que lorsqu'on nous demande un renseignement dans la rue que notre réponse en espagnol approximatif dévoile notre condition de touriste... En soirée, on se rend à un dîner organisé par le groupe des gadzarts d'Argentine et on y rencontre plein d'expatriés, VIE et retraités résidant ici. Nous réussissons à glâner un tas d'informations sur la ville, le pays et le continent et finissons évidemment la soirée en chantant les hymnes... Ca faisait longtemps... Nous avons ensuite consacré la journée du dimanche au quartier de San Telmo avec ses antiquaires, ses petits concerts de rue, ses superbes démonstrations de Tango et ses badeaux. Evidemment, ce concentré de Mouffetard, du Marais, de Montmartre et de Saint Ouen (comment c'est possible??) nous a rendu bien nostalgiques de Paris.
Pour nous remonter le moral, nous avons bien suivi les conseils de Fabian en allant déjeuner au Desnivel, premier repas parmi d'autres dans ce super resto.Pour ceux qui connaissent, c'est un peu comme le dauphin à Casablanca mais avec de la viande: Grande salle bruyante, nappes en plastique, serveurs qui courent dans tous les sens et surtout cuisine excellente. Pour le reste de la semaine, nous avons parcouru la capitale argentine en long, en large et en travers - évidemment à pied pour continuer sur notre lancée de randonnées patagoniennes. Marcher à Buenos Aires peut être un vrai plaisir dans certains quartiers mais peut devenir désagéable à cause du bruit, de la pollution, des trottoirs défoncés et surtout des innombrables climatiseurs sur les facades d'immeubles qui gouttent sur les passants.
Nous avons malgré cela marché des kilomètres entre les différents quartiers:
- de la Recoleta avec ses belles avenues qui vous projettent directement dans le 16ème à Paris, son immense cimetierre et la tombe d'Evita, - de Palermo avec son superbe musée d'Art Latinoaméricain - le MALBA, ses jolis parcs et le musée d'Evita - de la Boca avec son fameux caminito, ses maisons de tôle colorées et le stade bleu et jaune des Bocas Juniors - de Belgrano avec rues très chics et surtout son super restaurant branchouille, le Sucre, où le cheese-cake au Dulce de Leche nous a laissés sans voix (merci Jean-Marc pour l'adresse!). - de Puerto Madero avec ses docks réhabilités qui nous ont fait penser à ceux de Belem au Brésil - de Costanera Sur qui nous a permis de voir au bout d'une longue marche à travers la réserve écologique l'immense Rio de la Plata sur les bords duquel a été fondée la ville.  Comme le passage par une grande ville rime aussi pour nous avec consulats, nous avons aussi pu découvrir des quartiers absents des guides de voyage. Nous avons donc obtenu le visa de Bolivie sans problème (merci Fabian et Mercedes pour la lettre et Gilbert pour le scan de tous les relevés de compte!!!). Par contre, c'est rapé pour l'Uruguay où l'étude du dossier prenait au moins quinze jours... Nous aurions voulu faire un aller-retour pour voir Colonia et Montevideo qui sont facilement accessibles à partir de Buenos Aires, ce sera pour une autre fois! Nous avons passé pas mal de temps à l'auberge puisque nous avons bien apprecié l'endroit. Nous y avons fait de bonnes découvertes dans l'exellente DVDthèque et y avons rencontré des gens très sympathiques. De longues discussions avec Lili, une jeune retraitée de Bordeaux qui a toujours aimé voyager et qui a tout le temps de s'y consacrer maintenant, nous ont permis de mieux voir la suite de notre parcours. Nous prenons un bus pour Cordoba ce soir. Nous avons une petite semaine pour rejoindre Santiago en traversant l'Argentine d'est en ouest. Cliquez ici pour plus de photos de Buenos Aires (attention deux pages de photos) |