 Nous sommes arrivés à La Paz après une nuit de voyage à bord d'un bus dont les freins n'ont pas arrêté de grincer depuis Sucre... Nous n'avons donc pas beaucoup dormi et étions bien réveillés pour admirer l'arrivée à 6h du matin dans la magnifique ville qu'est La Paz. La capitale se réveillait à peine et toutes les lumières allumées permettaient de voir l'étendue de la cité en cuvette. Après une bonne matinée de sommeil, nous nous attaquons aux ruelles escarpées de la capitale bolivienne, mais nous sommes vite essouflés! L'altitude - 3600 m en moyenne - n'y est pas pour rien... Nous arpentons les ruelles du centre, animées comme dans toutes les autres villes boliviennes. Les cholitas, avec leurs beaux chapeaux-melon, leurs nattes, leurs jupes et châles sont encore plus soignées qu'ailleurs. Elles proposent toutes sortes de choses à vendre sur des étals de fortune: des produits d'artisanat à des produits courants (mouchoirs, fruits...) en passant par les grigris, poudres et amulettes du marché aux sorcières. A La Paz, nous faisons le plein de musées en visitant celui dédié aux feuilles de coca et à leur importance pour les populations andines et tous les musées municipaux du quartier colonial consacrés aux coutumes, au littoral (que la Bolivie a perdu dans la guerre du Pacifique contre le Chili mais continue encore aujourd'hui de revendiquer), de l'or... Les visites sont toujours aussi intéressantes vu la qualité des exposés. Par hasard, nous nous retrouvons devant l'Alliance Française et passons aussi quelques heures dans la médiathèque à relire la série des Tintin avant d'aborder l'histoire Inca (!) mais surtout à regarder des journaux et revues françaises. Pour bien terminer cette journée, nous allons dîner à la Comédie, un restaurant tenu par un français et proposant du confit de canard et un délicieux fondant au chocolat...  Le deuxième jour, nous prenons notre courage à deux mains pour grimper au mirador de Killi-Killi et admirer une vue panoramique de la ville dominée par cette superbe montagne qu'est l'Illimani. La capitale la plus haute du monde offre un paysage surprenant fait d'un dénivelé de plus de 1000m. Tout en bas, les quartiers riches (la plata del pueblo, comme nous a dit un chauffeur de taxi rigolo qui aprenait le japonais mais n'a pas hésité à noter quelques phrases en arabe...) sont dominés par El Alto, refuge des classes pauvres. C'est bien la seule ville au monde où il faut monter pour aller dans les bas-quartiers.... Nous y retrouvons aussi Luis, l'espagnol que nous avions rencontré en Argentine et Fabrice, le français en tour du monde avec qui nous avions fait un bout de chemin en Australie (et qui a fini par nous rattraper!!). Nous passons avec tous deux des soirées bien sympathiques.   Grâce à Fabian, nous découvrons un autre visage, complètement différent, des boliviens. Il nous a effectivement mis en contact avec Catalina, une jeune bolivienne que nous avons rencontrée dans un bar avec Vero son amie. Toutes deux ont le teint très clair, font leurs études dans des universités privées, fréquentent peu les quartiers populaires, sortent en boîte et connaissent mieux les pays étrangers que le leur. Cela nous rappelle étrangement la jeunesse dorée de Marock... Leurs seuls contacts apparents avec les populations indigènes de Bolivie se font avec les personnes qui travaillent chez ellles à la maison (femmes de ménage...). Les parallèles avec le Maroc sont surprenants! Avec elles, nous passons quelques moments dans une Peña, une sorte de café-concert oú l'on peut manger au son traditionnel du charango.  A partir de La Paz, nous faisons un aller-retour à Tihuanaco pour découvrir les ruines de cette civilisation qui a précédé celle des Incas. Le Bennett, cette immense statue représentant la Pachamama (terre-mère) nous impressionne énorménent et n'est pas sans nous rappeler de loin les moais de l'île de Pâques. Sur le site archéologique, nous découvrons le Kalasasaya qui devait servir pour le culte du soleil et à l'extrémité duquel se trouve la célèbre Porte du Soleil. Nous avons aussi passé une nuit à Coroico, petit village dans la vallée des Yungas. Non, nous n'avons pas fait la descente par la route de la mort en VTT et le micro (petit van avec plein de sièges) que nous avons pris a emprunté la nouvelle route. Celle-ci dévale aussi 3600m de descente entre La Cumbre et Coroico pour nous laisser dans un petit village reposant au possible.  D'abord, il fait plus chaud (on n'est plus qu'à 1700m d'altitude) et la végétation est quasi-tropicale! La petite marche que nous faisons dans les alentours nous offre des vues magnifiques de la vallée des Yungas. Enfin, nous quittons La Paz pour Copacabana au bord du Lac Titicaca et la route qui nous fait découvrir le lac petit à petit avec une superbe vue sur les montagnes de la cordillère royale est magnifique. Copacabana, qui a donné son nom à la célèbre plage de Rio, est trop touristique à notre goût et nous partons dès le lendemain matin pour l'île du Soleil. Là encore, le bateau est plein de touristes et en arrivant à la partie nord de l'île, nous nous trouvons un coin d'ombre avec Luis pour attendre que le flot de touristes s'éloigne avant d'entreprendre notre marche. Nous passons donc la journée à nous balader pour rejoindre la partie sud par le petit chemin de l'Inca, tranquillement. Les paysages, les terasses aménagées pour les cultures, les petites criques avec leur plages de sable fin, la couleur bleue magique du lac nous enchantent.  Nous arrivons en fin d'après-midi au sud de l'île où des enfants viennent nous trouver en courant pour proposer un logement, demander des bombons, des crayons de couleurs ou de l'argent pour se faire prendre en photo. Vive la pollution touristique! Ils sont adorables, mais ça nous écoeure... Nous nous éloignons tant bien que mal pour aller assister à un coucher du soleil digne de ceux au bord du Mékong avant d'aller partager de la truite toute fraîche du lac avec Luis pour le dîner. Le lendemain nous reprenons le bâteau pour Copacabana que nous quittons sitôt arrivés pour le Pérou. Pour ceux qui se demandent, nous ne sommes plus qu'à 30 jours du retour et nous y pensons biensûr bien malgré nous... Ceci dit, il nous tarde de rentrer, principalement pour revoir la famille et les amis... mais bon, on repartirait bien sitôt après surtout que les idées de voyage et d'itinéraires foisonnent dans nos esprits... Cliquez ici pour voir plus de photos de La Paz, Tihuanaco, Coroico, Copacabana et la Isla del Sol (attention deux pages) |