"Ca vaut un Potosi!" mais Sucre vaut aussi le coup!

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Bolivie - Sucre
de Malika, le 13-04-2008

"Ca vaut un Potosi!" mais Sucre vaut aussi le coup!

 
Nous n'avons passé qu'une nuit à Uyuni. La ville ne constitue qu'un point de départ ou de retour aux excursions vers le fabuleux Salar et ne présente qu'un intérêt assez faible...

En soirée, la rue piétonne centrale d'Uyuni s'anime petit à petit et des vendeurs ambulants de plein de choses déballent leur marchandise. Nous nous installons quelques instants pour observer les habitants de cette ville, qui continuent de vivre parallèlement à l'essor du tourisme, sans perturbation apparente. A Uyuni plus qu'ailleurs, les gringos que nous sommes passent et repassent mais leurs contacts avec les habitants sont plus que minimaux...

Les femmes en Bolivie ont un style particulier. Elles s'habillent quasiment toutes de la même façon: des collants, une jupe bouffante au-dessous du genou, sur les épaules un châle en laine ou certaines fois une couverture retenus par une épingle à nourrice et enfin, le dernier élément indispensable: le chapeau. Celui-ci peut-être de plusieurs formes différentes et sert plus ou moins à les protéger du soleil. Pour d'autres, il s'agit plutôt d'un chapeau-melon (le fameux borsalino) en feutre, simplement posé sur la tête de laquelle tombent systématiquement deux longues nattes sur le dos.

D'Uyuni, nous avons pris un bus pour Potosi. La route qui s'élève sans cesse dans les Andes est magnifique. On aperçoit une dernière fois des hauteurs, l'immense salar tout blanc, puis on s'embarque dans des vallées verdoyantes avec quelques petits villages parsemés. Ce trajet nous a renvoyé quelques mois en arrière, en Inde - à cela près qu'il n'y avait pas plus de voyageurs que de sièges... Nos sacs ont voyagé sur le toit, le bus était dans un état lamentable et la route non goudronnée...
Les prix aussi nous paraissent excessivement bas en Bolivie. Nous payons nos chambres d'hôtels 50 bolivianos (5euros) et nos repas nous coûtent 1 euro! Il est vrai que le confort, la finesse et l'eau chaude ne sont pas toujours au RDV, mais on en a pour son argent... Ceci dit, dur dur de se réhabituer à ces conditions de voyage après 3 mois passés dans des pays 5 étoiles (Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, Chili et Argentine).
Au bout de 6 heures de vibrations et de montée, nous arrivons à Potosi, ville la plus haute du monde perchée à 4060m. Avec Tiffany, nous faisons plusieurs hôtels avant d'en trouver un qui nous convienne. La marche dans les rues pentues de la ville avec les sacs sur le dos est essouflante à cause de l'altitude...
 
Potosi, construite autour du Cerro Rico (colline riche) est connue pour sa mine d'argent la plus grande du monde. L'exploitation de la montagne a fait la richesse des espagnols et a alimenté des rêves de fortunes de beaucoup de mineurs.
 
Aujourd'hui, la ville est l'expression pathétique de ce que peuvent représenter ces absurdités des temps modernes: capital, valeur, exploitation...
La mine continue en effet d'être exploitée et les conditions de travail des mineurs sont plus que précaires. Après beaucoup d'hésitation (nous étions gênés par le côté voyeuriste des touristes et l'apport nul pour les mineurs), nous nous décidons à aller voir de quoi il en ressort.
La visite s'avère effectivement difficile. On se sent vivre Germinal en direct alors que les cours mondiaux des minéraux flambent depuis un certain temps... Ca n'a l'air de profiter à personne ici...
Les hommes au visage tanné par la poussière et à la joue gonflée d'une grosse boule de feuilles de coca travaillent plusieurs heures par jour, sans protection, sans voir le soleil et avec deux certitudes au moins: celle de mourir très jeune et celle de ne pas trop changer leurs conditions de vie...
Ils regardent les touristes passer d'un air lointain et acceptent volontiers les quelques cadeaux que nous leur apportons: feuilles de coca, cigarettes, alcool à 90º (auquel ils se choutent toute la journée), bâtons de dynamite et sodas. A l'extérieur, les femmes et les enfants trient de leurs mains nues les extraits de la journée avant d'en charger de gros camions.

En dehors de la mine, Potosi est une ville agréable où il fait bon se fondre dans la foule des passants qui emplit le centre dès la nuit tombée. Une véritable activité que de descendre et de remonter la rue principale (l´boulivarrr comme on dit au Maroc) et qui permet de bien meubler ses soirées.

Pour les repas, après avoir payé le prix touriste (40 bolivianos soit 4 euros, c'est pas non plus la ruine!) deux fois, nous avons découvert les cantines populaires. On y sert des menus complets pour le déjeuner (l'almuerzo) comprenant une salade, une soupe, un plat et petit dessert, et des soupes ou des plats uniques pour le dîner. Tout cela dépassant rarement la modique somme de 10 bolivianos (1 euro). Bon il faut bien l'avouer, on mange souvent du poulet-patates-riz ou du riz-patates-poulet, mais pour l'instant ça nous convient bien.

Après Potosi, nous avons repris la route pour Sucre. L'ancienne capitale de la Bolivie est une jolie ville qui a conservé beaucoup de charme. Ses bâtiments coloniaux, sa place ombragée, son marché central animé nous plaisent tout de suite. La balade dans les rues de la ville, simplement à la découverte des bâtisses et des habitants est un vrai plaisir. Après quelques jours de sécurité depuis l'arrivée en Bolivie, nous nous lançons dans la dégustation des superbes jus de fruits proposés au marché et c'est un vrai régal!

Nous avons aussi profité d'être de passage dans la région un dimanche pour faire l'aller-retour à Tarabuco. Dans ce petit village se tient l'un des plus grands marchés de Bolivie et les indiens et paysans de la région se dirigent tous vers le marché en fin de semaine pour vendre ou acheter toute sorte de marchandises. Il y a évidemment beaucoup de touristes, mais lorsqu'on s'éloigne des ruelles consacrées à l'artisanat (très belles choses d'ailleurs), on arrive au marché de fruits et de légumes et aux étals divers allants des gros pains de savon jusqu'aux interrupteurs. Très pittoresque.

A Potosi et à Sucre, nous avons visité plusieurs musées: la casa de la Moneda (maison coloniale où l'on frappait la monnaie), le couvent-musée Santa Teresa (l'un des plus prestigieux couvents d'Amérique) et le museo de Arte Indigena (présentation des arts textiles des indiens Tarabuco et Jalqa).
Ces trois visites complètement différentes les unes des autres nous ont énormément plu. En effet, les musées sont tous rénovés et très bien préservés et la qualité des exposés est excellente. Cela prouve que la Bolivie a vraiment entrepris un travail de sauvegarde de son patrimoine, ce qui est loin d'être le cas dans beaucoup de pays par lesquels nous sommes passés et qui fait très plaisir.

Après ces quelques jours passés (enfin surtout les apéros et les dîners) avec Tiffany et deux autres couples de français en tour du monde, nous quittons le groupe pour prendre la route de La Paz. Nous aurions aimé nous arrêter avant la capitale à Cochabamba et Oruro mais le temps finit toujours pas nous rattraper...
Cliquez ici pour voir plus de photos de Potosi, Sucre et Tarabuco

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Commentaires sur cet article
Moul@y
C'est vraiment appréciable qu'un travail de sauvegarde du patrimoine du pays soit entrepris en dépit des moyens limités et de la pauvreté de la population. Il faut juste espérer que cette dernière ne restera pas indifinément errante... sans but... à macher du coca.
PS : "l bolivard" c'est à tanger qu'on dit ça...
 

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