Le vol d'Auckland a Santiago a ete long... Nous sommes partis le 11 fevrier a 17h25 heure locale de Nouvelle Zelande et sommes arrives le 11 fevrier a 12h25 heure locale du Chili! Nous avons en fait gagne une journee en passant la ligne internationale de changement de date (ca fait tout bizarre), perdu 11 heures dans l'avion et repris le decalage horaire de 8 heures entre la Nouvelle Zelande et le Chili. (-24+11+8= -5). Bref, c'est un peu complique mais c'etait surtout pour dire a quel point le "decalquage" horaire a ete, pour la premiere fois depuis le debut du voyage, fatiguant... A Santiago, nous avons pris une chambre dans un hotel pres de l'aeroport et n'en sommes sortis que le lendemain matin pour reprendre l'avion pour l'Ile de Paques. Apres le "bout du monde" - la Nouvelle-Zelande, nous voila arrives au "milieu de nulle part"!
L'íle de Paques est en effet l'ile la plus isolee du monde car la plus eloignee de toute terre habitee. Rapa Nui (nom officiel de l'ile), qui appartient au Chili, est a 3700km des cotes chiliennes et 4000km de Tahiti. Elle est fascinante par tous les mysteres qui entourent sa civilisation et sa beaute naturelle, et nous sommes impatients de nous plonger dans tout cela. La luminosite, le contraste entre bleu du ciel et bleu de la mer et leur intensite nous frappent tout de suite. Nous succombons rapidement a la magie qui regne sur ce caillou du pacifique. A l'aeroport, la proprietaire de notre maison d'hotes nous attend avec des colliers de fleurs. Nous trouvons cela assez touristique avant de nous rendre compte que tous les passagers sont recus de la meme maniere, y compris les pascuans rentrant chez eux et accueillis par leurs familles. Notre chambre n'est pas terrible (mais c'est la moins chere de l'Ile!). Ce n'est pas grave, nous comptons y passer le moins de temps possible! Nous deposons nos sacs et allons vite decouvrir les environs. La seule ville de l'ile, Hanga Roa, abrite les 3500 habitants. Deux petites plages miniscules, un port lilliputien avec quelques barques et quelques echoppes par-ci par-la. Les maisons sont plutot disseminees dans des jardins bien verts. Et le tout est ecrase par un soleil qui tape de plein fouet, sans aucun nuage. Le long de l'ocean, nous apercevons nos premieres statues de pierre, les moais. Biensur, leurs images ont fait le tour de la terre mais leur decouverte, massifs et colossaux, nous laisse pantois. Les interogations et les mysteres qui entourent leurs auteurs, les raisons de leur sculpture, leur erection sur l'ile et leur orientation ajoutent a notre perplexite. Nos lectures sur le sujet et la visite du musee de l'ile nous apprennent certaines choses. Mais la disparition de la memoire de la civilisation pascuanne suite a la colonisation de l'ile attise notre curiosite.
Les moais sont donc les statues monumentales de l'Ile de Paques. Elles mesurent de 2 a 9 metres et pesent en moyenne une quinzaine de tonnes mais peuvent aller jusqu'a 60t! Les moais ont quasiment tous ete sculptes dans le tuf du cratere du volcan Rano Raraku et ont ete eriges partout a travers l'ile par des methodes de transports encore incertaines. Ils personnifient le culte des ancetres fondateurs et sont la pour proteger leurs descendants en tournant le dos a la mer et en regardant donc vers l'interieur pour la plupart. Vers 1680, l'arrivee des missionnaires coincide avec la fin du culte des moais dont beaucoup sont restes infinis ou ont ete renverses. Il y aurait eu, sur Paques, des problemes lies a la surpopulation de l'ile, au manque de ressources et aux guerres de clans. Au XVII, c'est le culte de l'homme-oiseau qui prend la releve et donne l'occasion a des ceremonies spectaculaires vite interdites par les missionnaires... Les mots viennent forcement a nous manquer pour decrire les differents endroits de l'ile et ce que nous ressentons en la parcourant. Sur le scooter que nous avons loue (il faisait vraiment trop chaud pour prendre des velos!), nous traversons des paysages alternant entre cotes de lave volcanique desolees et vertes collines, toujours domines par les bleus du ciel et de l'ocean. Partout, les chevaux en liberte ajoutent a cette impression d'etre loin de tout. A chaque instant, nous essayons de nous impregner au maximum de ces images magiques.
La plongee nous a aussi permis de vivre des moments forts sur l'ile. Les eaux de Rapa Nui, eloignees de tout, ne sont absolument pas polluees et ne contiennent que peu de plancton. La visibilite est donc extraordinaire, et des que l'on entame la descente, on est saisi par l'immensite et la couleur bleue intense. Le grand bleu! Il n'y a pas beaucoup de poissons ni de coraux car aucune barriere de corail ne protege l'ile. Et pourtant, la plongee autour des motu est l'une de nos plus belles experiences. Le long d'un tombant de 70m de profondeur, en restant a 30m, on voit la surface et les rayons du soleil en levant la tete et on distingue parfaitement toutes les formes et les poissons du fond. L'impression de voler est unique et donne forcement envie de jouer au cosmonaute en faisant des pirouettes.
Le desir d'avoir une vue du pacifique a 360 degres avec rien a l'horizon nous a mene au point culminant de l'ile, sur le sommet du volcan Terevaka. Nous etions tellement subjugues par nos plongees de la journee et nos visites aux moais que nous n'avons entame la montee que vers 18h30 le dernier jour. Sachant que la randonnee etait d'une demi-journee et que le soleil se couche vers 21h, c'etait un peu tendu. Apres une demi-heure de marche sous un soleil de plomb (meme en fin d'aprem!), nous realisons en plus que nous n'avons quasiment pas d'eau. Mais qu'a cela ne tienne, nous voulons vraiment voir de haut "le milieu de nulle part". Nous continuons donc notre grimpette pour profiter finalement d'une vue spectaculaire. La descente au crepuscule et le retour au village a la nuit tombee avec la galere pour trouver un resto ouvert etaient par contre nettement moins rigolos (boulette?).
Nous ne le savions pas en arrivant, mais nous avons en plus la chance de nous trouver la pendant le festival annuel de l'Ile. Le Tapati dure deux semaines et est l'occasion pour les pascuans d'aujourd'hui de renouer avec leurs traditions ancestrales. Tout au long des apres-midi et des soirees, des concours de chants, de danses, de sculpture, de cuisine, de navigation... sont organises et on peut y assister sans probleme. Le tout se termine par un carnaval haut en couleur, ou les habitants paradent dans la ville en portant leurs habits traditionnels. Cela nous a permis de passer des soirees bien animees et de decouvrir davantage les coutumes de Rapa Nui.
Il y a peu de touristes sur l'ile, malgre la haute saison et le festival et nous realisons notre chance d´etre la. On entend souvent parler francais, mais il s'agit de tahitiens venus passer quelques jours de vacances. L'Ile de Paques est en effet encore preservee parce que chere et lointaine et nous sommes bien heureux d'avoir eu la chance de la visiter tant que c'est encore le cas. Cliquez ici pour voir plus de photos de l'Ile de Paques (attention 3 pages) |