Le retour a Santiago apres notre belle escapade sur l'ile de Paques a ete un peu barbant. C'est toujours un peu dur de "repartir" et d'etre motives apres avoir decouvert un endroit magnifique.  En plus, pour bien faire les choses, nous avons debarques en ville, un samedi soir d'ete a 22h sans aucune reservation... Nos 5 premieres tentatives pour trouver une chambre ont echoue vu que tout etait complet et nous avons du nous-meme echouer dans une auberge excentree, glauque et pas tres propre, tout cela pour la modique somme de 30 dollars. Autant dire que la bonne humeur n'etait pas au RDV, jusqu'a ce que nous soyons accueilli par Leo, le jeune veilleur de nuit de l'auberge. Adorable, il veut tout faire pour nous etre agreable et pratiquer son anglais qui est deja excellent, ce qui nous facilite la tache puisque - cela va sans dire, nos tentatives de baragouinage en espagnol ne nous menent pas encore plus loin que la commande au resto et les questions de base sur notre chemin ou les prix. Nous comprenons a peu pres tout quand on nous parle, mais sommes encore incapbles de tenir une discussion... Ceci dit, nous sommes en immersion pendant trois mois et nous esperons serieusement depasser le stade du fameux ¡Hasta Luego!... Bref, Leo nous emmene trouver quelque chose a manger et nous raconte sa vie, sa ville et son pays jusque tres tard dans la nuit sur fond de spectacle d'Alegria en DVD puisqu'il adore le Cirque du Soleil. Ca tombe bien, nous fetons le lendemain nos noces de coton et sommes completement charmes par le personnage! A une heure avancee de la nuit, nous nous decidons a aller dormir dans notre chambre super naze avec tout de meme la ferme intention de deguerpir le lendemain a la premiere heure. C'est vraiment pas un endroit pour feter sa premiere annee de mariage! Nous nous installons le lendemain au quartier Paris-Londres, a l'hotel Paris,  petit hotel de charme, tres agreable avec ses boiseries et ses chambres bien grandes et bien confortables. Le quartier lui meme est tres sympathique avec son architecture et ses ruelles dallees, il fait penser a un decor de cinema. Nous passons cette journee d'anniversaire a deambuler dans les rues de Santiago, tres calme en week-end. Nous dejeunons dans un petit cafe litteraire et y rencontrons un couple de routards "classes" approchant la soixantaine et faisant un tour du monde de trois mois. Nous aimerions bien leur ressembler dans quelques annees!... La journee est belle et chaude et nous partons ensuite a la recherche des santiaguinos - la ville est tellement calme que l'on se demande ou ils sont tous passes! Nous en trouvons une bonne partie sur le cerro San Cristobal (saint patron des voyageurs!), grosse colline qui domine la ville. Elle est couverte du Parque Metropolitano, plus grand parc urbain du monde (deux fois Central Park!). Un finiculaire et un telepherique permettent de grimper tout en haut pour voir la statue de la Vierge et surtout jouir d'une vue exceptionnelle sur toute la ville coincee entre les cordilleres des Andes et de la Costa.  Sur le flanc de la colline, nous dinons dans l'un des meilleurs restaurants de Santiago avec en panorama les hautes montagnes aux cimes enneigees laissant place ensuite a la ville illuminee dans la nuit. Au Chili, nous nous regalons principalement de poissons et de bons vins. En dehors de tous les filets a la plancha (thon, bar, espadon...), notre vrai coup-de-cour ici est le ceviche: filet de poisson cru en lamelles ayant marine dans du citron vert, des oignons et des herbes. Un vrai delice! Autrement la ville pillule de sandwicheries et de snacks ou l'on peut manger des empenadas (chaussons fourres a plein de choses) et surtout des completos (sorte de hot-dog avec des tomates en morceaux, des avocats ecrases, de la choucroute et de la mayo) pour trois fois rien. Petite precision cote cuisine, le chili con carne n'est absolument pas un plat chilien mais mexicain, inutile donc de le rechercher dans les menus... Santiago nous aura retenus une semaine. C'est tellement longtemps qu'on s'y sent presque chez nous... Nous avons d'une part depose ma demande pour le visa argentin. La, nous avons eu beaucoup de chance! Pendant l'entrevue avec la responsable des visas qui avait demarre de maniere tres folklorique grace a notre niveau nul d'espagnol... le consul a debarque dans son bureau et remarquant notre lutte ridicule, a decide de nous venir en aide pour derouiller un peu son francais. Il nous a explique toute la procedure, epargne de certains papiers vu notre situation de voyageurs mais nous a quand meme envoyes chez le notaire pour faire certifier notre itineraire detaille en Argentine (??). La, ca nous a force a reflechir a un programme precis - une premiere - et le RDV avec le notaire a ete epique aussi... Deuxieme raison de notre long sejour a Santiago: notre meilleur compagnon de voyage nous a laches suite a une mauvaise chute. Avec l'objectif casse, des qu'on l'allumait, il se mettait a emettre une longue litanie vibratoire qui ne laissait aucun doute sur sa souffrance. Impossible de continuer le voyage sans notre meilleur ami. Nous avons pense a en acheter un tout neuf, mais le choix etait assez limite et les prix eleves pour de vieux modeles. Nous l'avons donc depose chez Sony et y avons fait des aller-retour frequents pour connaitre l'avancement de la reparation. Nous avons bien apprecie Santiago qui est une ville tres agreable et tres propre (outre le balai, les employes municipaux passent la serpillere sur les trottoirs et les rues pietones!) . On s'y ballade tranquillement et en toute securite. Entre la Moneda (ex-palais presidentiel, actuel siege du gouvernement et lieu du suicide de Salvador Allende pendant le coup d'etat), la place des Armes, le mercado central avec ses bons restos de poissons, l'excellent musee des arts pre-colombiens, nous marchons beaucoup et decouvrons l'etendue de la ville. Avec ces visites, les grasses matinees et les films de HBO en anglais sous-titres en espagnol (excellente maniere de nous ameliorer..) nous arrivons a avoir un programme assez charge pour la semaine.  Le quartier que nous preferons est le Barrio Bellavisata, quartier boheme de Santiago avec ses maisons colorees, ses jolies placettes, ses bars et ses restaurants. La, nous visitons la Chascona, la maison de Pablo Neruda avec sa maitresse et derniere epouse Matilda. Les murs, les meubles et la decoration y respirent encore la magie de ce grand poete et nous sommes heureux de nous plonger dans ses vers apres la visite. Non loin de la, dans le barrio Lastarria, nous reperons un resto tres agreable qui devient notre cantine pour l'Almuerzo (dejeuner ... vous voyez qu'on avance!). Santiago nous impressionne aussi par le nombre de ses galeries et centres commerciaux. Beaucoup de rues sont pietonnes et la plupart des rez-de-chaussees d'immeubles sont transformes en galeries avec coiffeurs, notaires, centres d'appels et autres magasins. Ca consomme a tout va et on se demande si c'est le cas dans le reste du pays. Un produit qui explose litteralement est la glace. Dans la rue, 1 personne sur 3 se balade avec une glace: c'est comprehensible tellement il fait chaud. Nous sommes aussi interpelles par le nombre de bebes et l'age tres jeune des parents. Il serait interessant de ramener le taux de natalite au niveau d'etudes, au developpement du pays et a sa sante economique qui n'a pas l'air mauvaise... La seule chose desagreable a Santiago est son metro que nous evitons de prendre le plus possible. Il a ete fait par les francais et ressemble etrangement en bruit et en odeur au metro parisien (particulierement la ligne 1!)... Cela a au moins le merite de nous faire realiser notre chance de ne pas avoir a prendre le metro tous les jours! Cliquez ici pour voir plus de photos de Santiago  Des le visa argentin et l'appareil photo recuperes et comme nous avons encore quelques jours avant notre vol pour la Patagonie, nous foncons sur Valparaiso.Cette petite ville inscrite au patrimoine mondial de l'humanite respire le voyage avec son fameux port, son centre historique pittoresque et sa magnifique baie bordee de collines. Plusieurs petits finiculaires deglingues permettent de relier la ville basse a la ville haute. Les maisons y sont colorees, les ruelles n'en finissent pas de se tortiller et les escaliers prennent des airs decourageants par cette chaleur estivale. On se prend vite a rever au passe anime de cette ville boheme et fascinante, du temps ou les marins y faisaient la fete lors des escales avec le passage du Cap Horn. Nous y referons volontiers un nouvel arret apres l'Argentine quand nous remonterons vers le nord du Chili. Valparaiso compte aussi une maison du poete Pablo Neruda. La Sebastiana differe de la Chascona a Santiago par sa vue imprenable sur la ville et l'ocean de toutes les pieces. Mais elle compte aussi d'innombrables objets du monde entier que Neruda a rapporte de ses voyages et auquels il attachait une histoire particuliere. De Valparaiso, nous faisons aussi un petit aller-retour a Viña del Mar qui s'avere assez decevante. La fameuse station balneaire est en fait une plage noire de monde bordee d'immeubles hauts a l'image du saccage betonné qui a ete fait sur la Costa del Sol espagnole. Mais bon, ca respire les vacances et l'ete et tout le monde a l'air content. Nous y restons le temps de grignoter quelques empenadas avant de revenir sur Valparaiso. Nous nous envolons demain pour les terres du sud, quelques jours en Patagonie du cote Chilien puis du cote Argentin avant de remonter vers Buenos Aires.
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