Nous voilà rentrés à Paris, depuis deux semaines.
La première phase d’euphorie, suite aux retrouvailles avec tout le monde, est entrain de passer gentiment et nous atterrissons tout doucement.
L’accueil par les parents de Pierre-Antoine et Camille sa petite sœur à l’aéroport a été très chaleureux et nous étions très émus de passer notre première soirée avec eux. Nous ne sommes repartis de chez eux à Maisons-Alfort que le lendemain après-midi à la suite d’excellents repas et d’une nuit réparatrice. Finalement, cela a été encore une étape avant de rentrer chez nous, histoire de repousser un peu le Retour…
L’arrivée dans notre appartement à Paris a été un grand moment d’émotion. Tout de suite, nos yeux étaient saisis d’une multitude de détails que nous avions complètement oubliés. Et tous les premiers jours, nous avons eu plaisir à redécouvrir ou à nous rappeler en tombant dessus, les anciens objets de notre quotidien : « ah mais c’est vrai que j’avais ça ! ». Nous retrouvons vite le bien-être que procure le confort de dormir tous les soirs dans son propre lit, d’utiliser une salle de bains nickel et d’hésiter entre plusieurs paires de chaussures ou en regardant un placard plein d’affaires sans rien trouver à se mettre… Mais nous ne pouvons nous empêcher de remettre en question l’accumulation de tant de choses et le besoin que nous avons eu à un moment pour nous les procurer…
Très vite, nous avons dû ressortir car nous étions invités pour cette deuxième soirée chez Meryem et Laurent. Le métro parisien a été alors une belle claque qui a commencé à nous faire réaliser que l’aventure était finie et que nous n’aurions plus, avant quelque temps, ce plaisir que procure le fait d’être étranger quelque part, de parler une langue différente et de regarder les gens avec cette curiosité de celui qui n’est pas des leurs.
Non, Paris c’est chez nous. Et bien que nous nous sentions à des lieues de cette foule stressée de personnes dans leurs bulles individuelles, nous en faisons partie et quelque chose d’incontrôlable à l’air de nous aspirer. Nous sommes tellement perturbés que nous confondons les lignes de métro et nous trompons dans les connexions ! Un comble pour des anciens incollables du réseau RATP…
Les copains nous avaient réservé une belle surprise puisque ceux d’entre eux qui le pouvaient ce soir-là, nous attendaient chez Meryem à notre insu et nous avons passé une soirée très agréable où notre
voyage était loin d’être le centre de toutes les discussions : juste une soirée coocool entre potes où on était super à l’aise…
Nous sommes finalement assez contents puisque autour de nous, rares sont les gens qui nous posent des questions du genre « quel pays avez-vous préféré ? » ou alors « comment c’était votre
voyage ? Racontez un peu ! ». Ces interrogations nous angoissaient un peu avant le retour, comme s’il était possible de résumer 9 mois à un classement des meilleures destinations ou simplement en deux minutes…
Nous avons ensuite occupé nos journées à ranger les différentes paperasses (ça s’accumule bien en 9 mois, malgré le super tri de courrier que Gilbert a bien voulu faire pour nous, merci encore !), à faire quelques courses, à halluciner devant la baisse du pouvoir d’achat (on veut bien témoigner, c’est vraiment l’arnaque dans les supermarchés) et à retrouver Paris qui nous a malgré tout ce qu’on peut dire beaucoup manqué.
Nos soirées, nous les avons passées entre différents dîners ou apéros avec les copains. Malheureusement, malgré le choix de retour fin mai qui nous paraissait initialement très judicieux, aucun pique-nique n’a pu être organisé à cause de ce temps de chiottes qui nous fait regretter encore plus le voyage…
Il nous reste encore une dizaine de jours à Paris avant de partir nous installer définitivement au Maroc. Le programme est chargé de cinés (une des activités qui nous a le plus manqué pendant le
voyage même si nous y sommes allés à chaque fois que nous avons pu), de balades, de visites touristiques de Paris, de repas en famille ou entre copains et surtout de temps de préparation à deux à l’atterrissage avant le retour final sur terre.
Nous avons beau être de retour, nous adaptant - avec réticence mais petit à petit - au moule social qui est entrain de nous refaçonner, ce
voyage de neuf mois nous aura profondément transformés tous les deux... Heureusement que l’idée d’un prochain
voyage nous réconforte déjà !
Quelques chiffres qui nous font sourire en pensant à notre
voyage autour du monde :
9 mois de voyage, 278 jours quasiment 24h/24 ensemble ;
19 pays visités dans 4 continents ;
103 villes où nous avons passé au moins une nuit ;
30 vols, 127.5 heures de vol soit 5 jours et 7h30 dans le ciel, au moins 60h dans les aéroports (en admettant qu’on y passe 2 heures pour chaque vol) ;
768 heures de transport terrestre (bus, trains, voiture, van, bateau…), soit 32 jours ;