 Le passage de frontière Bolivie-Pérou s'est fait sans encombre. Nous avons fait un arrêt rapide à la ville frontalière de Puno pour reprendre un bus pour Cuzco. Nous pensions avoir vu déjà beaucoup en matière de bus et surtout en Asie, mais ce voyage là a été folklorique. Au départ, le bus s'est petit à petit rempli de péruviens chargés comme nous n'avions jamais vu cela. Meubles en kit, cuisinière, truite congelée et surtout ballots de couvertures, de nappes et d'artisanat bolivien. En effet, tout coûte moins cher en Bolivie, et beaucoup de péruviens vont y faire leur courses surtout en matière d'artisanat pour tout revendre à plusieurs fois le prix à Cuzco... Il y en avait partout, sur les sièges, les têtes et dans le couloir central. Plus tard, lorsque les douanes volantes ont arrêté le bus, nous avons dû attendre plusieurs heures le temps de tout compter et faire payer... Les 4 touristes que nous étions dans le bus tiraient vraiment la gueule. Autant nous prenions ce genre de situation avec beaucoup d'humour en Inde, curieux d'observer les gens, autant maintenant, avec la fatigue et la longueur du voyage, ça nous exaspère... Enfin Cuzco, le nombril du monde des Incas! La ville est vraiment très agréable et extrêmement bien entretenue et propre, patrimoine mondial de l'hummanité oblige.
Les rues pavées et les murs de pierre coexistent avec beaucoup de charme avec les bâtiments coloniaux que les espagnols se sont empressés de construire pour anéantir la civilisation Inca. On est vite transporté vers une autre époque. Bon, il faut le dire quand même, Cuzco rivalise avec Marrakech par le nombre de sollicitations journalières. Le touriste est quasi-harcelé toutes les 5 minutes pour un restaurant, un magasin de souvenirs (qui arrivent de Bolivie!!!), un massage (!), une excursion... Tout à Cuzco a l'air de tourner autour des touristes, mais la ville a le mérite au moins de sauvegarder son image globale: pas trop d'enseignes défigurantes... Première déception en arrivant à la capitale Inca: Impossible de faire le chemin de l'Inca (randonnée de 4 jours pour rejoindre le Machu Picchu) à moins d'attendre jusqu'en septembre (y a vraiment des fous qui réservent 4 mois à l'avance...) ou de débourser 500 dollars par personne (y a vraiment d'autres fous qui en sont capables!). Nous rêvions de faire ce petit trek pour découvrir la cité perdue, mais tant pis. Nous nous arrachons les cheveux à essayer de trouver une alternative pour y aller, sans trop vouloir nous insérer dans les troupeaux de touristes (c'est méchant, mais c'est pas loin d'être vrai...) et finissons par décider de nous débrouiller tous seuls comme des grands.
Nous quittons donc Cuzco après deux jours de visites (temple du soleil inca installé dans le Monasterio Santo Domingo), de balades (à travers le quartier San Blas, la superbe place des Armes et toutes les jolies ruelles) et de repas sympathiques avec Luis et Fabrice dont nous recroisons les chemins. Autre prouesse accomplie à Cuzco: nous avons réussi à revendre tout notre matériel de camping acheté en Patagonie (et qui était largement amorti vu les prix des hôtels là-bas) à une agence de trek. Résultat: plusieurs kilos en moins et quelques dollars en plus! Nous avions décidé de rejoinde le Machu Picchu par la Vallée Sacrée des Incas qui suit le fleuve Urubamba avec tout plein de vestiges de la civilisation disparue. Nous commençons donc par dormir dans le petit village tranquille de Pisaq et profitons dès le lendemain matin de la mise en place du joli marché coloré. Non loin de là, nous passons plusieurs heures à nous émerveiller devant l'ingéniosité des Incas tout à fait visible sur les ruines de Pisaq qui constituent une bonne introduction pour le Machu Picchu. Terrasses étagées pour les cultures, systèmes d'irrigation, temple du soleil, nécropole... tout cela taillé dans des roches et surtout en parfaite harmonie avec la nature environnante. De Pisaq, nous mettons le cap vers Urubamba pour visiter les superbes sites incas de Moray et Salinas. Le premier, système de terasses en amphithéâtre immense servait apparemment comme laboratoire des cultures incas alors que les Salinas offrent un superbe spectacle de bassins de récupération de sel au bas de la cordillère des Andes. Ensuite, nous arrivons à Ollantaytambo pour visiter les vestiges de la forteresse et surtout pour prendre le train pour Aguas Calientes d'où nous voulions grimper à pied au Machu Picchu. Impossible! Les trains touristes de fin de journée sont tous complets (alors que les trains de péruviens partent à moitié vides!) et il faut attendre le lendemain. Ca commence à bien faire! Nous restons donc à Ollantaytambo, petit bourg sympathique pour la nuit avant de nous lever le lendemain à 4h30 du matin pour aller prendre le train pour Aguas Calientes puis le bus pour le Machu Picchu. Plus question évidemment de grimper à pied, nous voulions y être le plus tôt possible.
 Nous finissons par y arriver vers 7h30. Le site n'est pas encore envahi, les nuages ne sont pas encore levés et nous profitons de ces moments magiques pour découvrir la cité perdue des Incas. L'endroit domine une vallée magnifique et est entouré de montagnes verdoyantes, à se demander comment ce lieu a été choisi pour édifier la cité! Les ruines sont extrêmement bien conservées vu que les conquistadors espagnols n'ont jamais eu connaissance de l'existence de cette cité et on distingue parfaitement les temples et les différents quartiers. Petite compensation tout de même, nous pouvons grimper jusqu'au sommet du Wayna Picchu, cette montagne qui domine le site de quelques 500m. En effet, l'accès n'y est permis que pour 400 personnes par jour et même en arrivant tôt, nous avons les numéros 332 et 333 pour monter! Là c'est parti pour 45 minutes de grimpette bien rude à travers des escaliers incas pentus à n'en plus finir. Ca glisse et heureusement qu'il y a des cordes pour s'aider certaines fois. Là haut, on surplombe le Machu Picchu et la vue est magnifique, les efforts sont récompensés! Nous restons admirer le site d'en haut quelques minutes (surtout pour récupérer notre souffle, parce que l'altitude n'arrange pas les choses...) avant de redescendre.  Il est 11 heures lorsque nous rejoignons à nouveau la cité et l'invasion touristique est sans limite. Les groupes sont arrivés, ça braille, ça photographie, ça bronze sur les pelouses (!), ça agite les petits drapeaux pour se regrouper. Nous nous sauvons donc rapidement pour déguster nos sandwichs thon-tomate-avocat à la sortie avant de redescendre vers Aguas Calientes, de prendre le train pour Ollantaytambo, de prendre le taxi pour Cuzco et enfin le bus pour Arequipa (!!). Biensûr, cet épisode à la découverte de notre 5ème merveille du monde a été géniale. Ceci dit, petit coup de gueule quand même contre la grande arnaque qui entoure tous ces sites. Tout est pretexte pour soutirer un maximum d'argent aux touristes. Sans compter la galère pour y aller et le prix exorbitant du train, l'entrée du Machu Picchu est à 30 euros par personne. Pour ce prix là, on doit encore payer les toilettes, demander plusieurs fois pour obtenir un plan et il n'y a quasiment pas de pancartes ou d'indications pour obliger les touristes à prendre des guides. C'est de la dépouille-touriste professionnelle et ça gâche un peu le charme de la visite. Dommage pour un si bel endroit... On en revient quand même avec de magnifiques images plein la tête et le générique des cités d'or qui ne veut plus partir... Vive le Condor! Cliquez ici pour voir les photos de Cuzco, de la Vallée Sacrée et du Machu Picchu (attention plusieurs pages) |